Les nuages..

Dans les fluorescences des vapeurs de nos cieux s'en allaient en riant des compères délicieux, leurs robes silencieuses dans les flots argentés s'effilochaient sagement dans les volutes cendrées. À coeur ouvert ce jeune ciel fauve et si puissant bavait des lueurs poudrées les effluves de son sang, la beauté insolente de ces pitres royaux est comme une âme géante, Aphrodite des oiseaux.

IGOR TOSK


Igor a fait la bouche d'égout le fil à linge les nuages le drap le grimoire le mouton saint et incontinent la tronçonneuse le vautour la porte du ciel le requin tout du moins son aileron le panneau attention canard la chauve•souris romantique la grenouille parachutée le cul•de•jatte pressé à l'improbable coiffure le chasseur de papillons décapité l'araignée


Jaël a fait le petit canard jaune les brins d'herbe la TV la bibliothèque l'arbre à lampes l'aveugle le chapeau le bras la plante grimpante le téléphone abandonné le faucon fumeur estudiantin les mouches le poète enfumé le pont du pendu le pendu le panneau du pont du pendu la rivière l'arrosoir ailé


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Ils ont fait l'avion piloté par l'écureuil Lord Nudle et son grand Bi le lustre

La clope de 00h06

Si les chats savaient parler je serais dans la merde

L'incipit titubant à deux mains

Cléonie s'emporta, que lui fallait-il de plus pour qu'enfin il accepte de les aider? Brice restait un homme mystérieux, souvent cloîtré chez lui, parfois pendant des jours sans jamais donner signe de vie à qui que ce soit. Cléonie ne l'appréciait guère, sûrement par jalousie pour cet homme qui cultivait son détachement singulier envers son entourage avec beaucoup de brio.
De mille façons elle avait tenté déjà de s'immiscer dans sa bulle privée, en vain. Rien n'y faisait. Lorsqu'elle apprit que celui-ci refusait une nouvelle fois d'aider les filles, elle sortît d'elle-même, emportée par la rage qui anime l'aliéné libre.
C'est un mardi de février qu'elle enfonça sa porte, sans même lui avoir téléphoné auparavant, les phares allumés, les yeux injectés de sang, la mâchoire bouillonnante, les oreilles écumantes. Quand ses yeux virent tel tableau, Brice mourut.
Par la force du destin, Cléonie et les filles héritèrent des secrets du défunt qu'elles appelaient déjà le fantôme de son vivant. Un manoir du Moyen-Age dans l'Alsace profonde, un ranch et des hectares de terres abandonnées dans un coin du Texas, des milliers de lettres à des adresses énigmatiques, des centaines de bibelots et objets de contrebandes provenant d'Asie, où on lui avait récemment découvert une branche de son arbre généalogique (en étroite relation avec des mafias locales paraissait-il) et enfin, un amant défenestré une semaine plus tard ponctua la liste des affaires saugrenues de cet héritage étrange. Brice semblait être mieux connu du monde entier que des gens de son propre village. Sans plus attendre elles décidèrent de se lancer à la poursuite du passé de Brice, qui était-il vraiment? Le sauraient-elles un jour? Elles s'enfermèrent dans le manoir et là vivant en totale autarcie, les volets fermés, se nourrissaient de baies et de découvertes. Le jour, elles dénichaient des indices supplémentaires sur la double identité de Brice. La nuit, elles s'adonnaient à de sauvages bacchanales et erraient nues dans la cuisine déserte. C'était là toute leur vie, et elle dura jusques à la découverte d'Euryclée. Un soir sous les coups de minuit, alors que tout le monde dormait au manoir, cette dernière ne pouvant résister une seconde de plus aux gémissements de ses viscères, s'en alla dehors rendre tripes et boyaux derrière une cabane au fond du jardin, toute entourée de cailloux. Euryclée n'avait jamais remarqué cette cabane auparavant, elle y entra, parvint à trouver une lampe, puis en fouillant, récupéra une enveloppe sur laquelle était griffonné son prénom, elle reconnut l'écriture de Brice. Stupéfaite, elle hésita quelques instants avant de se décider à ouvrir l'enveloppe, ce qui fut le geste le plus malheureux de sa vie...

La porte des étoiles


La clope de 22h20

Suis déçu que le mot Luminique n'existe point

Dans la Grèce antique le poète est vil et biaisé, dans l'esprit du poète la philo politique n'est pas.

Alors qu'ils s'affairent tous à calquer méticuleusement sur leurs immuables lignes droites et rangées les dires vulgaires d'un robot haineux et de mauvaise humeur, quelques âmes dignes et précieuses enfermés dans d'Aspermont, allié des nouilles, calligraphient et s'oublient en délaçant le tissage des cloisons meurtrières de rêves et autres expériences pénétrantes que l'on délaisse à tort quand on est un robot haineux dénué de sens du désir.
Sans manifester le fait que l'on décline l'invitation à immortaliser solennellement les solutions platoniciennes fouillées dans l'aberration et déclamées par le robot susnommé, on se laisse toutefois guider par sa voix déchirante pour se laisser aller aux incongruités qui nous mènent à déguiser la feuille si profonde d'
holisme et de falsifiabilité des idéologies qui nourrissent l'évolution insignifiante de leurs pensées insignifiantes marmonnées dans des ouvrages pleutres de faussaires de littérature qui bientôt se changent en des qu'il donne lieu à la timocratie mélange d'aristocratie et d'oligarchie...intérêts...paradoxe...alors qu'il est temps déjà de s'envoler plus loin et d'en haut malaxer les attributs de notre fin féline au-delà des chemins qu'on nous montre et que l'on devrait suivre sans sourciller d'un poil on se commande alors de s'initier aux sublimités foudroyantes par-delà bien des horizons mystérieux et des astres où l'esthétique demeure en des rêves lointains et des lieux inconnus que l'on ne pourra connaître jamais car la Terre trop ronde nous a disgraciés malheureux nous errons dans ses brumes clochardes dont elle ne sait se défaire malgré tous les efforts des prisonniers qui piochent allègrement dans ces géométries enclavées.. Et puis l'on se réjouit à l'idée de relire ces cours étourdis au lieu de faner dans des humeurs antiques. Sonnerie rédemptrice point

seules des bribes sont dignes d'intérêt car sortis du contexte malfrat :
- l'homme est incapable de vivre sans inventer quelque chose
- la difficulté pour un être est de parvenir à sa propre fin
- Comment se fait-il que la réalité n'est pas ce qu'elle devrait être?
- l'homme a besoin de la femme

Oren Lavie

Suave envie

Sur les marches d'une existence câline
Le soleil s'effondrait et lustrait la pierre moite
On pensait qu'il s'offrait comme une jeune fille en fleur
De chaleur vénitienne et de douceur des roses
Les vergers de l'olympe pétillaient de sucre
Et l'on buvait langoureusement ses doux alcools
Les cœurs clos éclataient dans la bohème divine
Lentement saupoudrés sur les toits de Paris
Du côte de la Seine où s'ébattent les âmes
Du côté des poètes et des muses fertiles
Qui dansent dans les ruelles rouges du petit jour
Et moi je souriais placide et vaporeux.