Kersauz
J'espère par ce moyen atteindre le fond d'votre coeur
Et magiquement, le virtuose homme Kersauson empala le lyrisme de damoiseau fougueux dans un élan simplement naturel et d'un burlesque éclairé, par deux alexandrins "guimauveux" instantanés..
La brutalité de la poésie à l'os est le plus beaux des cadeaux que l'on ait pu faire au roman, Mr de Kersauson y était pour quelquechose quand par ses mots aigus et graves, ses paroles léchées et brut, il agrippe le coeur du lecteur à pleines mains, pour le balancer là, au milieu de l'océan de l'art, l'art de vivre.
"Ocean's Songs" de Kersauson
Quand Le Soir.
Quand je rentre chez moi l'hiver au soir
s'il est déjà 21h
la nuit alors a avalé le globe et mon chemin sillonne à travers le parc
revêtu d’une couverture blanche écarlate et luisante
dans l’air nivéen flotte une brume argentée
s’élevant au dessus du sol
comme si l’âme de cet endroit magique venait nous visiter.
J’avance à pas feutrées sur ce sol mousseux et papillotant
laissant les traces de mon passage comme des parcelles d’ombre dans la blancheur immaculée
échos des astres qui saupoudrent l’aube nocturne.
Je parcours l'allée bordée de grands platanes effeuillés
en pensant qu’à chaque instant je pourrais me réveiller
mais j’inhale goulument des bouffées de vie à chaque nouvelle inspiration
pleine de beauté
de délices glacés qui coulent sur mes lèvres et remplissent ma gorge comme un formidable élixir d'immortalité
et les étoiles frétillent comme des pensées qui flottent au dessus de la ville endormie
ou comme des rêves, et chaque étoile est une personne qui dort déjà profondément.
À l’heure où le soleil a l’œil clos
le froid souverain s’adoucit et devient amical, charnel et agréable.
Je passe ma main dans cet océan crémeux et limpide de cristaux laiteux et flamboyants
puis je la pose calmement sur ton buste
irrésistiblement attiré par cette endroit où tu loges une partie de mon âme..
Sognatore
les rayons pâles se reflétaient
dans les gouttes de pluie qui ne tombaient plus
alors j'erre sur le pont suspendu à l'envers
englouti dans mille sensations interdites
et une flopée de mains s'attache aux fils de mes pensées
déjà évaporées en nuages d'eau bénite
et dans une brume transparente à l'épaisseur opaque
surgissent dévorantes couleurs écarlates
qu'on lançait du haut des falaises de l'Eden
dans des dithyrambes adressés à l'horizon rouge vermeil
cette ombre fuyant notre ciel orphelin
comme un fier cavalier dansant éreinté
qui attrape avec peine le bout de son destin
dans un souffle éraillé de condamné
les palabres des sirènes s'harmonisent à la nuit
qui fait briller ses astres dans les yeux du gardien de phare
il n'y aura plus aucun soupir
ses paupières se déposent sur desténèbres ensevelis
quand le phare en sursaut reprend vie
éclaboussant l'instant qui m'arrache à l'obscurité
il sognatore apre gli occhi
Deux mille neuf
Deux mille neuf nous amena ensuite au Renouveau, moi et mes sens embrumés -nous traînions à bout de bras un esprit drogué, endormi et gangrené par une haine inextinguible envers le froid glacial autant que les accolades collectives excessivement généreuses et orchestrées par des inconnus sortis de nulle part- dans une peinture de bacchanale où lumières musique et alcools étaient réunis en excès eux aussi, par le foutu prétexte de l'arrivée tant attendue de deux mille neuf.
A peine avais-je eu le temps d'égayer l'atmosphère banale et plate que distillait deux mille neuf par une communion avec un cône embrasé qu'un nid d'enfants de la fin du siècle dernier m'apprit que deux mille neuf était passé chez eux avec beaucoup plus d'envie et de chaleur que dans cette ambiance de gaieté qui sentait le souffre, c'est ainsi que l'on commença deux mille neuf, à mille lieues du réel mais repoussant le sommeil toujours plus loin, dans une intempérance voluptueuse enthousiaste et aveugle, nos yeux se fermant sur la vue d'une mer jaune orangé et pleine de fruits, cette mer qui déjà noyé les premiers rêves de deux mille neuf..
La Révolution et le roi
Lorsque la foudre frappait la foule
Vivant de guigne et de misère
De poussière et de rêves farouches
De la Terre émanait, sauvage
L'âme d'une île offerte aux naufrages
La vie sentait la sueur rancie
Les veines étaient gorgées de boue
Les yeux mouillés de pluie
Attendaient une ère nouvelle
L'air d'une frêle sympathie
Déjà morte en des moeurs pathétiques
Voilà la belle affaire à vivre
Lorsque la peste soulage l'esprit du peuple
Ce sont tous les Rois qui s'enivrent
Les regrets qui ressassent l'avenir
La mort du rêve
retirée des orées célestes
cette aube qui brille sur ta peau
est miroitante d'inceste
mon âme soeur, mon coeur chaud
et tes arômes de luxe de rougir mon sang
une chaleur qui parcourt tous mes os
puis sur ton visage alléchant
je goûte l'humeur des anges
tes yeux sont galactiques
mes sens se meuvent dans l'iréel et dans le suave
et la tiédeur de ce monde inondé
mais la félicité m'emporte
je ne pense plus je meurs
et les cloches de glace éclosent
une vie élégante s'échappe de mon corps
je sens mes os flêtrir sous le poids du cadavre
et mon coeur battre au rythme des humains
sous la lune noire qui me contemple
parmi toutes ses larmes cendrées
je remarque ma chute
c'est le diable qui m'a fait descendre
et ce ciel blanc sans fin
se moque de mon visage
j'erre et l'air y est si malsain
qu'il me supporte affreusement
je surgis dans ce monde comme par naufrage
depuis que les archanges
m'ont estimé étrange et chassé des nuages
Hall aux rimes
L'amiante à la menthe, l'amie hanta l'amante, à Mantes y a menti
Astre identifié, à strident t'y fier (Igor)
La hiérarchie, l'ail est rare, chie! (Roué l'en roué)
La mauvaise conscience : sujet de philo, ou de poésie
en sécrétions lacrymales
sur les joues du temps
les effluves roulent
et font du moral
un génie saignant
perdu dans la houle
de ces bacchanales
ennemies du printemps
errante, et de tout son saoul
parmi la moiteur glaciale
ô deliquescence
elle harangue la foule
jette l'opprobre et l'eau sale
la mauvaise conscience
15 dec 2008 (J-5) CCB Géographie 8h-13h
ville : agglo(continuité du bati) de + de 2000 habitants
milieu : Point ou moment situé à égale distance de deux extrémités spatiales ou temporelles, syn. Centre
France métropolitaine : Royaume de L'Europe de l'Ouest. Pyramide sarkozique
Aujourd'hui : il n'y a pas si longtemps
Pb: Sarkozy n'est-il qu'un mondialiste ou s'intéresse-t-il à la zone péri-urbaine de Quimper, ville-patrimoine?
08h25 : Igor Tosk dessine au fluo rose sur du rose
Capucine lève la tête
Geoffrey a un tic
Par la fenêtre, cela s'éclaircit peu à peu et ça m'émeut
08h28 : Geoffrey a un tic
Capucine joue avec ses doigts
08h30 : Louise baîlle sans ouvrir la bouche et fait une tête ignoble
Florent Martinez est mal rasé, lui aussi
08h32 : Igor Tosk se recoiffe
Lucie a des boule quiès vert, c'est un beau vert mais ça ne va pas avec son teint
08h35 : J'ai envie de fumer un joint long comme les cheveux de Lucie, et dense comme ceux de Geoffrey
08h38 : Dehors est d'un gris bleu-pâle, le zénith est bleu tirant vers le turquoise
08h39 : Igor Tosk a l'air d'écrire sérieusement, je suis vraiment dans la merde, c'est un concours blanc, pour rentrer à l'ENS. =)
08h49 : peu à peu les nuages apparaissent dans le ciel, de plus en plus blancs, comme des bulles légères à la surface de l'eau
08h58 : J'entends une respiration rauque, laborieuse et presque douloureuse, qui flirte avec le ronflement, Marc est affalé sur sa table et d'une main groggy, il trace de sa plume faiblarde des motifs qui ressemblent à des mots, la géo ou la souffrance du poète maudit
09h00 : Le beau ciel nuageux prend le pas sur le laid du monde sublunaire
09h02 : Je n'ai toujours rien à dire sur le sujet, et pourtant il y a des milliers de personnes qui pourraient en parler longuement. Il doit y avoir des choses à dire, voyons...
09h05 : Des nez se font entendre
09h06 : Benjamin semble amorphe, assez rare pour être signalé
Marc émet des gémissements dignes d'un sommeil profond
09h08 : La pomme sur la table de Peroline n'arrête pas de me narguer, je tuerais une de ses soeurs
09h20 : J'ai une problématique nulle
09h32 : Je la garde
09h43 : Le ciel a beau être beau, le reste reste laid
10h00 : Geoffrey sort
10h05 : Puis Marc
10h10 : Puis Igor
Expression soupçonneuse de la commère à l'éternel sourire glacé, "y a-t-il une entourloupe?" s'interrogent les traits de son visage
10h25 : J'en ai marre
10h30 : Je sors, il y a encore et toujours ces abrutis de spé art qui rôdent inlassablement comme des spectres dans les couloirs avec leur encombrantes pochettes inutiles, on dirait des squatteurs
10h47 : 7 lignes au propre
11h37 : Intro terminée
il reste 1h20, à partir de là je crois que j'ai "bossé"