étoiles

je fume à la fenêtre avec tous les oiseaux
qui flânent dans les hêtres et parmi les roseaux
et dans un coin de ciel zébré de sables chauds
je vois l'été au loin sa silhouette et son dos
c'est un caprice en mai il fait vert il fait beau
mais ce calice en l'air qui s'emplit de sirops
gargarise le rêve d'hommes au bord de l'eau
les eaux claires
qui ruissellent parmi les feuilles vertes
sont un peu d'air
pour tes grands yeux verts

A clockwork strawberry

pillow

La meurtrière du temps
dans sa robe rouge prune
tenait à la main le pétale givré par le vent
et dansait étourdie dans les blés
en croquant les nuages et courbant tout son être
comme une onde sauvage
comme une pauvre bête
une femme blonde dans les champs affolés
qui jouait à faire l'enfant
au milieu des larousses géants et des frelons
qui venaient de l'aurore béante
elle humait sa jeunesse et fermait les paupières
la chevelure fuyante et le corps en avant
elle grimpait dans les airs
se sentait étrangère
les yeux dans les oiseaux
et les paumes ouvertes
pour aspirer les cieux
elle osait galoper sur les gros cumulus et perçait leur secret
et l'on vit tout à coup
se dessiner alors

un sourire gêné et empreint de mépris
sur le visage fort
familier et aigri
de polichinelle

le fameux incompris

s'allonger dans l'herbe mouillée du pré vert

La forêt était remplie de coureurs et de feuilles vertes, le verre de rhum, l'air de mirages, la bouche d'orages.

Une fête avec tout Blanche pour la fin de l'année !
Un barbecue dans le parc !
Une fête mondiale chez juju en juin !
Une fête de la vie en Bretagne !
Une fête dans la piscine d'Irène !

les projets, sans intertextualité avec la frustration ménardo-igorienne, fleurissaient à foison dans le parc sous les beaux jours d'un printemps boiteux.


la khôlle d'espagnol et notamment l'improbable khôlleur, chemise à carreaux rouges, jaunes, verts, bleus et j'en oublie, assortie aux chaussures, un goût accru pour la couleur à outrance, une structure capillaire douteuse, quelques boucles aux quatre vents prolongées par des pattes taillées jusqu'en dessous des lèvres, pour former un collier ouvert qui semble pincer le menton nu. ça ne met pas en confiance, surtout quand vous n'avez pas compris le texte, mais j'ai fait une explication impressionniste du texte, qui, par malheur, "ne marche pas en France".

Puis j'enrageais de n'avoir pu filmer l'abeille rampante se hissant avec force acharnement sur la corolle mouillée d'une jonquille rose égarée sur le bitume, ce fut d'une poésie grisante.

Alors, rouge de sang, noir de poil, blanc de vie et gris d'ennui, je marchais et marchais et marchais ce samedi sans manger sans fumer sans patience sous la pluie dans le métro, ignorant sur les journaux les lignes noires stagnantes sans émotion, et traversais les villes pour qu'enfin le décor s'aère et reverdisse,




Starring Charles du Crest.

Après la pluie, nous allâmes parmi les vaches peureuses libérer les corbeaux dans leurs cages, trouvâmes le pont des arts de Saint-Augustin, fîmes du danao un totem, chantâmes des louanges au soleil et des diatribes aux pluies, fumâmes lentement, regardâmes l'eau couler sous le pont, perdîmes à partir de ce moment toute notion de l'existence d'une quelconque dimension temporelle, puis rencontrâmes moult personnages locaux, et enfin nous fuîmes par feux et fumées...



I saw a clockwork orange but fell asleep before the end.



Le matin fut servi du champagne, quelque punch, puis le vin que l'on habillât de rose puis de bordeaux, tout tournait, et duc restait heureux, puis Oriane elle-même tomba des nues, le déjeuner prenait des airs d'été.

"L'homme a un problème, il veut la vérité mais n'a pas les moyens de la cerner, la seule question qui m'intéresse, c'est le big bang, qu'y avait-il avant le big bang ? Une fois que l'on aura trouvé cette question, on saura tout, d'où on vient, où on va, et pourquoi. Les autres questions ne m'intéressent pas" dixit du Crest père.

Train, ennui, bille errante, sans temps s'écoulant, immeubles, Paris, Versailles, parc de Diane, maison, chambre, rêves, mort du rêve, absentéisme, beau temps, cigarette, Sophie Marceau, Lucie, poésie, d'Aspermont dans ses oeuvres efface tout cliché, enfants et bruit, Johnny se prend pour un acteur, fraîcheur verte de la soirée retrouvée, aperçu d'un heureux cueillant des braises :


Quand ton ombre se dresse
Puis se crampe et se cambre sur un air de vivre
Dont elle voit la noblesse,

Je murmure et confesse
Qu’au galbe de tes reins, sur tes seins qui se livrent,
Doucement apparaissent

Quelques gouttes de liesse,
Par la nuit saupoudrées sur la surface lisse
De ta peau poétesse.

vent de nouveau

Je vous ai manqué


Mais j'ai découvert la fluidité acide voir même acidulée du style de devendra banhart

la sérieuse fantaisie de being john malkovitch
j'ai voulu boycotter avril en vain
j'ai passé des vacances poétiques
j'ai kiffé kung-fu pandadou, ... dadou ? pan !?
j'ai vu des monstres à la plage
j'ai écouté les pulsations déréglées du coeur de Bloody Jack
j'ai parcouru de long en large le pont des hasards
suis tombé sur des ires des arts et dix ors,
Isaure..
(j'ai perdu un grand briquet bleu s'il vous plaît)
j'ai touché d'un doigt timide la masse flasque de la fainéantise à son paroxysme
j'ai rendu des devoirs complets pour les 2 premiers concours blancs
j'ai désormais seize poèmes achevés pour l'heureux cueille

Maintenant je reviens de l'ennui tel le cavalier qui s'entête et vous déverserai comme une offrande précieuse ce que l'on aura capturé de beau dans l'air environnant nos cils et nos doigts pointés vers les crépuscules crépitant d'astres poudroyant aurait dit la soeur Anne.

En attendant, il y a les con cours blancs qui posent une barrière infranchissable à l'exécution instantanée de toutes ces belles promesses, ainsi je vous donne rendez-vous sur les pavés rouges de mes trottoirs imaginaires à partir de la semaine prochaine, si vous le voulez nous irons marcher dans Paris nous retournons au pont des arts un peu, carrefour de quelque folie volage et universelle étalée sans ménagement avec de gros pinceaux sur chaque planche et chaque pan de mur autour de la Seine inébranlable lorsqu'elle s'aventure sous notre pont des ires.

Quoique

le beau joint nouveau (Cécilou Lou)

C'est aux haschischins du vingt-et-unième siècle,
Que je dédie ce poème,

Gent aux mœurs bohèmes,
Inspirés par l'oracle
Qui nous réunis autour du flambeau,
- Ah ce qu'elle est belle,
Cette obscure fumée, enivrante et rebelle,
Qui, de ses fines ailes,
Nous emmène au plus près
Des lointaines origines dont la belle

Odeur, nous encense l'esprit et, détourne la raison,

De ses desseins bornés, fixés et orientés,
Pour nous emporter vers des saveurs d'Orient,
Teintées de milles merveilles, et pourtant accessibles.

Artificielle allégresse de la pensée sublime,
Qui s'abreuve sans honte de cent, de mille,
Rêves enchantant,
Qui encensent l'esprit et détournent de la raison.

c'est à dire que

J'aurais peut-être préféré ne pas t'ouvrir les yeux, ô commandant impérial posté fièrement à la proue de ton navire bleu, ton regard fixé sur les moires d'eau scintillantes qui jaillissaient sous l'étrave est maintenant épris de l'horizon si mystérieux et si lointain, bien plus accordé à ton âme sûrement. Tu dis que ton navire à coulé mais il était ailé et s'est envolé pour ne plus paraître et démystifier le mythe que tu voulais créer.


Alors d'accord


envole-toi ou remonte à cheval


enfourche ton vélocipède sans redingote ni haut-de-forme


fais tournoyer de ta rouge ombrelle le printemps dans l'air de rien


pose tes yeux sans t'occuper de tes mains


pose ton art au fond de ton placard humain


au lieu de le faire se pâmer lors de rites païens


qu'il reprenne une androgyne forme


que de l'astre il redevienne l'égal


Mais surtout, reviens discrètement m'interpeler en secret au commandes d'un navire hollandais que personne ne saurait voir

Et puis depuis que tu vois à travers tes paupières c'est comme si mon embarcadère n'avait plus de vent pour elle, qu'elle était trop essoufflée, ou prise d'un scepticisme soudain qui alourdissait son ancre.

La poésie, tu as raison, ne la gâchons pas, mais ce bateau restera en vogue quelque temps encore,

Vraie Vie

Le chat sur mes genoux faisait sa toilette c'est fascinant un chat qui fait sa toilette sur vos genoux c'est même magique. Everybody loves Raymond and everybody loves cats, tout le monde aime les chats pour faire comme Baudelaire parce que ça fait classe d'aimer les chats parce qu'un chat c'est magnifique surtout depuis Baudelaire, Igor is right & I approve.
Moi ce sont les chats qui m'aiment, alors pour leur faire plaisir je le leur rends et Caramel au beurre salé en profite plus que de raison l'animal.


Je zappais il y a peu entre la une et la cinq et remarquais à quel point grâce à ces 2 chaines l'on peut mesurer le fossé abyssal entre la fausse et la vraie vie rêverie

D'un côté il y a deux commentateurs de foot dont le poétique du verbe n'a d'égal que la verve de leur imagination :
- Ribéry supeeerbe le double contact
- ça fait tac tac
- et ça fait tic tac

De l'autre un docu-fiction sur Wilson et le traité de Versailles où l'on voit Keynes se balader dans Paris avec son haut-de-forme et une canne d'agrément à embout doré parce qu'il le vaut bien. La scène de l'atelier des cartographes est mémorable :
- On ne sait plus où donner de la tête avec ces querelles d'enfants gâtés...quelqu'un a-t-il vu la Hongrie ?
- Chaud devant ! par ici la Croatie
- Attention attention ! Laissez passer, voilà le Liechtenstein


Et Igor mon cher, si mon enthousiasme est moins prononcé lorsqu'il s'agit de rap c'est parce que j'écris déjà et que, mon slip ne m'allant comme un gant, ni n'étant ambidextre de mon état, de ma seule pauvre main droite je ne puis écrire qu'une chose à la fois, et il faut bien que l'heureux cueille.
De plus, les sensations de l'instrument me manquent et c'est pourquoi il faut absolument me remettre à la batterie, alors si Ménard dit que je pourrais trop être une rock star il ne sait quelle flamme en moi il ravive ! Pour le rap, vivons et mûrissons de manière Proustienne afin de pouvoir atteindre l'excellence tant souhaitée. Et puisque I. Tosk le dit...

Et vous, entre une carrière de rappeur-poète et de rock star vous choisiriez quoi ?

"fausse vie"

Quel film vous correspond le plus?
Quelle musique vous correspond le plus?
Quelle musique de film vous correspond le plus?
Quelle insulte es-tu?
Qui es-tu au fond de toi?
Quel est ton principal atout?
Quelle type de voiture dois-tu conduire?
Quel est le prénom de ton âme soeur?
Quel super-héros es-tu?
Sais-tu faire l'amour?
etc

Et quel genre de faux gens répondent faussement à ces faux tests? facebook ou la dictature de l'inutile, l'adolescentisation de la foule, la régression profonde des moeurs, le fléau des temps modernes, le sordide comble de la bêtise.
Reprenons nos vélos, nos stylos, nos cartes postales, nos rendez-vous pris entre deux portes, nos téléphones Clément Ader à manivelles, nos rendez-vous manqués à cause d'une erreur d'indication, nos flâneries poétiques, nos vies loin d'internet et des bruitages msn. Reprenez votre âme d'enfant, la vraie, obnibulés des notifications, mites informatiques grouillantes, chassez le superflu, éventrez la virtualité de vos paysages, remontons à cheval ! Sachons savourer le temps que l'on perd, écrivons vivons rêvons sans artifices et sortons de la jungle des ondes magnétiques et des câbles électriques, empoignez l'insouciance à plein corps et délestez-vous du mépris et de la béatitude uniforme de vos visages blanchis.


Non

Vous ne le ferez pas, vous continuerez, et moi aussi, et l'homme de se flétrir avec enthousiasme et de courir à vive allure vers des siècles gris et une histoire toute prête écrite par un dieu sur son ordinateur portable.


soupir


Que ne suis-je né un soir de juin 1821 ? entre Flaubert et Baudelaire, entre terre et ciel dans une mansarde à plafond troué où aurait trôné un chevalet de peintre et le chapeau de paille à ruban d'une courtisane, et non entre un téléphone portable en plastique et une peluche de spiderman..


soupir


O tempora, o mores


Vivement l'invention de la machine à remonter le temps, je m'en irais découvrir Paris en 1860 en ayant au passage invité Robert Desnos, et nous irions parmi l'exotisme d'un monde où le fantastique n'était pas affabulation, et où la rosée matinale avait ses admirateurs.


Non plus


Alors, continuons, nous poètes, à guetter le soir dans les astres les reflets de l'époque où nous aurions été reconnus à la valeur de leurs égaux sur terre, à la valeur qui aujourd'hui est enterrée sous une couche immense de goudron. À vos plumes, paons des campagnes célestes et albatros des mers inconnues, à vos plumes nous offrons le précieux sort de restaurer la mémoire de la nature qu'ils rognent de leurs dents de métal, à vos plumes nous nous accrochons pour creuser les nuages et pénétrer l'impénétrable.


Cela mérite la création d'un groupe sur facebook